Perspectives du marché immobilier commercial canadien : L’aménagement des bureaux

Marchés privés | 28 aoùt 2018

Équipe d’Immobilier

Introduction

Les progrès technologiques tendent à influer sur notre façon de travailler et, par extension, sur l’aménagement de notre espace de travail — les disques durs d’ordinateurs ont ainsi remplacé bon nombre de meubles-classeurs et l’accès aux réseaux privés virtuels a considérablement facilité le télétravail. Il est généralement admis que ces avancées ont fortement stimulé la productivité et la rentabilité. Pourtant, l’approche des entreprises n’a apparemment pas beaucoup évolué à l’égard de l’espace de travail — en termes de planification et de conception : la plupart des décisions semblent avant tout fondées sur les coûts. Dans le présent document, nous nous penchons sur les facteurs actuels de la planification et de la conception de l’espace de bureau, ainsi que sur leurs répercussions pour les investisseurs dans l’immobilier commercial. Nous concluons par une brève analyse de l’évolution du marché de l’immobilier commercial au Canada le trimestre dernier.

L’aménagement des bureaux — Retour vers le futur

L’amélioration des processus opérationnels et les progrès technologiques ont généré de formidables gains de productivité des travailleurs au cours du dernier siècle. On pourrait donc s’attendre à ce que la manière classique d’aborder la planification et la conception de l’espace de bureau ait profondément changé. Or, le concept à aire ouverte populaire dans les années 1920 est de nouveau en vogue aujourd’hui, la tendance étant toutefois à la réduction de l’espace de bureau personnel au profit d’espaces communs ou partagés, et à l’ajout d’infrastructures destinées au personnel, comme des salles de sport, des cafés et des garderies.

Aménagement typique des bureaux — hier et aujourd’hui

Siège social de Manuvie, à Toronto (Ontario), en 1925
Siège social de Manuvie, à Toronto (Ontario), en 1925
 Siège social de Manuvie, à Toronto (Ontario), en 2018
Siège social de Manuvie, à Toronto (Ontario), en 2018

Coût de l’espace et productivité

Space cost versus productivity Icon Les salaires et les coûts liés au personnel représentent généralement environ 85 % des coûts totaux d’une entreprise de services.1 Aussi est-il raisonnable de présumer qu’un gain de productivité — disons de quelques points de pourcentage — serait suffisant pour financer d’importantes améliorations à l’espace de travail. Pourtant, en matière d’aménagement des bureaux, les entreprises continuent à prendre leurs décisions en s’intéressant avant tout au coût, même lorsque d’excellentes possibilités de créer de la valeur peuvent se présenter par le biais d’un investissement dans un cadre de travail optimal. La raison pourrait en être très simple : alors que les coûts immobiliers sont faciles à déterminer et à comprendre, le lien entre l’aménagement des bureaux et la productivité n’est peut-être pas aussi bien compris ou facile à quantifier. Ce n’est pas surprenant, sachant que le rendement d’une entreprise dépend en définitive de nombreuses relations complexes et qu’il peut être difficile d’attribuer un changement de résultats à des facteurs précis, comme la dynamique des communications découlant d’investissements dans l’aménagement des bureaux ou dans des infrastructures améliorant la satisfaction du personnel. Il n’en demeure pas moins que les entreprises sont de plus en plus conscientes du rôle que peut jouer le lieu de travail dans l’amélioration de la productivité et de la rentabilité, et qu’elles testent différents concepts et cherchent des façons de mesurer la réussite.

Le bureau, un catalyseur de la collaboration

Le bureau, un catalyseur de la collaboration Les études sont de plus en plus nombreuses à indiquer que la prochaine vague de gains de productivité dans les bureaux pourrait être déclenchée non pas uniquement par la technologie, mais par une amélioration du cadre de travail, source de productivité largement sous-utilisée jusqu’ici. Il semblerait que l’évolution de tâches comme la collecte et le traitement des données vers une solution plus automatisée grâce à la technologie faciliterait le redéploiement du capital humain dans des activités à valeur ajoutée exploitant les qualités humaines, comme la logique, la résolution de problèmes et la créativité.2 Les études montrent également que l’aménagement des bureaux qui permet d’exploiter au mieux ces capacités humaines est une structure dynamique ouverte favorisant la collaboration entre les fonctions et l’échange d’idées dans le but de stimuler l’innovation. La création d’aires fonctionnelles, comme des espaces de réunions impromptues ou de discussion, et des salles de projet, parallèlement aux salles de réunions officielles, est jugée essentielle pour faire fleurir l’innovation.

Le concept ouvert facilite aussi les conversations « accidentelles » entre les employés et, ainsi, l’échange d’idées — et la découverte potentielle de nouvelles solutions à des problèmes existants.

Cependant, les études visant à optimiser l’espace de travail se poursuivent à mesure que l’aménagement évolue, les réponses n’étant pas toujours claires. Ainsi, une étude récente a fait ressortir qu’un concept à aire ouverte pouvait parfois être trop ouvert, car l’impossibilité de s’isoler et la stimulation sociale excessive se révélaient plus néfastes que bénéfiques sur le plan de la communication.3 Il n’existe visiblement pas de solution évidente, étant donné que l’aménagement jugé optimal dépendra autant de la nature humaine, de la culture organisationnelle et du type de travail accompli que des effets procurés par les éléments esthétiques, de la conception et de l’architecture.

Le bureau, un facteur de différenciation pour attirer le talent

Le bureau, un facteur de différenciation pour attirer le talent L’aptitude à attirer et à garder des employés de talent est décisive pour la réussite de toute entreprise. L’importance d’un cadre de travail adapté et invitant et le rôle que joue un tel cadre lorsqu’il s’agit d’attirer et de garder des employés sont aujourd’hui mieux connus. Cet élément n’est pas à négliger, car la concurrence pour attirer le talent se fait de plus en plus vive à mesure que les réserves de talents diminuent parallèlement à l’évolution démographique. Une étude récente montre que le bon cadre de travail peut « procurer un avantage concurrentiel lorsqu’il s’agit d’attirer des employés de première qualité ».4 Si des éléments tels que l’accessibilité et la qualité générale du bâtiment restent importants, les employés sont de plus en plus sensibles à d’autres aspects comme les facteurs environnementaux (qualité de l’air, contrôle de la température, éclairage, bruit, etc.), le développement durable ou la santé et le bien-être; il faut aussi tenir compte des différences de perception entre les générations. Le fil conducteur est que les entreprises cherchent à se démarquer d’une manière qui convient à leur culture et qui peut même plaire aux talents qu’elles recherchent.

La souplesse est essentielle

La souplesse est essentielle L’amélioration des processus opérationnels et les progrès technologiques ont transformé — et continuent à modifier — l’aménagement des bureaux et les exigences connexes. Ces facteurs, combinés aux changements visant à renforcer la collaboration, peuvent aider à attirer et à garder des employés de talent. Avant tout, ils font ressortir l’importance fondamentale de la souplesse, notamment sur le plan du capital humain et du cadre de travail. La souplesse se manifeste de plusieurs façons, notamment par une volonté de réduire la durée des baux, la mise en place de cloisons mobiles, la création d’espaces multifonctionnels et l’offre d’une variété d’espaces de travail. Le concept du partage de bureau en est un exemple. L’idée est qu’aucun bureau particulier n’est assigné à quiconque, mais que chaque travailleur peut choisir un nouvel emplacement tous les jours — une solution qui assure une grande souplesse et gagne en popularité.2

Répercussions pour les propriétaires et les gestionnaires d’immeubles de bureaux

À mesure que les entreprises prennent conscience du rôle que peut jouer la qualité du cadre de travail dans leur réussite, les immeubles de bureaux de qualité devraient faire l’objet d’une demande plus forte que le reste du marché. Pour rester en lice, les propriétaires et les gestionnaires d’immeubles de bureaux doivent admettre que la qualité couvre désormais l’expérience globale des locataires; il ne s’agit plus simplement d’offrir un bon emplacement et des locaux luxueux. Pour enregistrer un fort taux d’occupation et garder leurs locataires, les propriétaires devront non seulement offrir de l’espace, mais également un ensemble de services et de commodités susceptibles d’améliorer l’expérience des locataires. Les propriétaires d’immeubles de bureaux doivent, selon nous, réfléchir à quatre dimensions pour réussir sur ce marché en pleine évolution :

Infrastructures et services de l’immeuble 

1 Infrastructures et services de l’immeuble

Les infrastructures comme les salles de conférence et les salons partagés permettent aux locataires de ne pas avoir à réserver d’espace à cet effet dans leur propre unité et, ainsi, d’optimiser leur espace et d’en améliorer la qualité. De plus en plus souvent, les locataires souhaitent avoir accès à des salles de sport, des cafés, des restaurants et des garderies, car ils considèrent que le bien-être des employés accroît leur mobilisation et leur fidélisation. La fourniture de ce genre d’infrastructures transcende la location classique des bureaux et fait du propriétaire de l’immeuble non plus un fournisseur d’espaces, mais un fournisseur de services.

Développement durable et bâtiments écologiques 

2 Développement durable et bâtiments écologiques

Conscients de la préférence croissante dont bénéficient les bâtiments écologiques, les propriétaires d’immeubles sont de plus en plus nombreux à adopter les normes environnementales, sociales et de gouvernance (« ESG ») mondiales. Il s’agit d’une tendance que les propriétaires ne doivent pas perdre de vue, car les changements durables revêtent de plus en plus d’importance aux yeux des locataires. Les études montrent par ailleurs que les changements durables permettent d’obtenir des loyers plus élevés. Il est attendu des propriétaires d’immeubles d’exception qu’ils fassent preuve d’un net engagement à l’égard des normes ESG et du développement durable, en signant par exemple les Principes des Nations Unies pour l’investissement responsable ou en participant à l’indice Global Real Estate Sustainability (GRESB).

Technologie 

3 Technologie

Des études récentes ont démontré que les facteurs environnementaux comme la qualité de l’air, le contrôle de la température, l’éclairage et l’acoustique avaient des répercussions directes sur la santé et la productivité.4 Les investissements dans de robustes systèmes électromécaniques adaptés aux systèmes de contrôle environnementaux propres au cadre de travail (notamment des systèmes procurant un contrôle local aux locataires) peuvent également améliorer la qualité environnementale et l’expérience globale des locataires. Soulignons par ailleurs que des mesures efficaces de conservation de l’énergie et des ressources peuvent considérablement réduire les coûts des locataires et des propriétaires. Les propriétaires et les gestionnaires d’immeubles devraient aussi songer à offrir un réseau Wi-Fi commun assurant une connectivité ininterrompue dans le bâtiment — une exigence de plus en plus importante à l’ère moderne.

Souplesse 

4 Souplesse

Le nec plus ultra de la souplesse, pour les immeubles de bureaux, est procuré par des exploitants d’espaces de travail partagés comme WeWork et Regus. Les bureaux à espace de travail partagé sont destinés à des groupes de travailleurs autonomes ou d’employés de diverses entreprises qui utilisent le même espace de travail et le même matériel de bureau. C’est un concept qui plaît aux professionnels travaillant à domicile, aux entrepreneurs ou aux personnes qui travaillent de manière relativement isolée; il permet également aux entreprises dont les équipes sont plus grandes de moduler leur espace en fonction de leurs besoins. Bien que les bureaux à espace de travail partagé puissent offrir une très grande souplesse, cette solution peut être beaucoup plus coûteuse (notamment pour les entreprises dont l’effectif est important) que les espaces de bureaux classiques. La demande à l’égard de l’espace loué par les exploitants d’espaces de travail partagés a considérablement augmenté récemment en Amérique du Nord, puisqu’elle a plus que doublé en 2017.5 Selon un rapport, au Canada, « l’espace de bureau partagé pourrait représenter jusqu’à 20 % de l’ensemble du marché des immeubles de bureaux au cours de la prochaine décennie ».6

À certains égards, l’espace de travail moderne n’est pas si différent de ce qu’il était en 1925, lorsque l’organisation systématique de la main-d’oeuvre pour accroître la productivité a abouti à la création des premiers bureaux à aire ouverte. Les forces en jeu aujourd’hui sont les mêmes et l’optimisation de l’espace de travail moderne peut favoriser la réussite d’une entreprise; les propriétaires d’immeubles adroits et créatifs pourront survivre et faire florès sur ce marché en transition. Selon nous, la survie des propriétaires passera notamment par leur volonté d’aider les locataires à remporter la lutte pour attirer des employés de talent en leur fournissant des espaces de haute qualité — volonté qui ressortira dans leur recours progressif à la technologie et leur souci de l’environnement. Il sera essentiel de répondre aux besoins des locataires en leur offrant des solutions fondées notamment sur la durée des baux, les infrastructures, la configuration de l’espace et les services ajoutés.

Revue du deuxième trimestre : l’économie canadienne

L’économie du Canada reste relativement ferme dans le contexte de l’incertitude accrue et du resserrement de la réglementation. À l’issue de trois trimestres consécutifs de croissance médiocre, le PIB devrait reprendre de la vitesse et progresser à un rythme dépassant 2 % jusqu’à la fin de 2018, puis se maintenir près de 2 % jusqu’en 2020.7 Ces taux de croissance supérieurs aux estimations du potentiel à long terme inciteront probablement la banque centrale à poursuivre le relèvement des taux d’intérêt.8
Revue du deuxième trimestre : l’économie canadienne
L’économie perd le soutien fondamental du logement et de la consommation; les deux secteurs devraient toutefois se stabiliser au cours des prochains mois, à des niveaux certes inférieurs à ceux de 2017. L’activité immobilière a souffert des modifications apportées aux règles sur l’octroi de prêts et des autres mises au point de la réglementation au premier trimestre, mais une stabilisation est en vue. L’activité immobilière a normalement tendance à chuter brusquement après la modification des règles sur l’octroi des prêts, en affichant un signe de faiblesse habituellement passager. Jusqu’ici, en 2018, la plupart des données confirment ce phénomène.

Ainsi, le volume des ventes de logements est resté globalement stable en mai après avoir fléchi de 21,0 % de janvier à avril. L’activité des ménages canadiens donne aussi des signes d’essoufflement, les ventes au détail s’inscrivant en baisse de 0,7 % sur 12 mois en avril, alors que la croissance du crédit continue à décélérer.9 Il s’agit d’une réaction prévisible à la hausse des taux d’intérêt dans le contexte des forts taux d’endettement, et ce segment de l’économie restera vraisemblablement fragile à mesure que les taux d’intérêt continueront à grimper. Cependant, forts de la croissance considérable des salaires (3,6 % sur 12 mois en juin) et de l’étroitesse extrême du marché du travail, les ménages sont capables d’éponger partiellement le coût plus élevé du service de la dette. L’emploi a été particulièrement dynamique dans le secteur des services, qui compte 386 000 postes de plus qu’un an auparavant, comparativement à une augmentation de 179 000 postes dans le secteur de la production des marchandises.

Les tensions commerciales ont beau rester élevées, l’incertitude et les nouveaux droits de douane ne semblent pas vraiment avoir affecté l’économie réelle. La confiance des entreprises demeure solide et une étude fait ressortir que, soutenue par la demande intérieure et extérieure, la croissance des ventes n’a jamais été aussi élevée depuis 2012.10 Les entreprises maintiennent de fermes intentions au chapitre des investissements, aussi bien qu'à celui de l’embauche, sachant qu’elles sont de plus en plus nombreuses à signaler une pénurie de main-d’oeuvre et des contraintes de capacité.

Parallèlement aux dépenses des entreprises, l’économie s’appuie sur les exportations canadiennes, que stimule l’accélération de la croissance mondiale et américaine. Cette tendance devrait perdurer, ce qui favorisera la croissance à court terme et le rééquilibrage structurel espéré de l’économie au sein de laquelle les ménages passeront le relais aux exportations et aux investissements. Les dépenses publiques ont également dopé la croissance au premier trimestre et devraient continuer d’exercer une légère influence favorable jusqu’à la fin de l’année.

Cette conjoncture économique est propice à de nouvelles hausses des taux de la Banque du Canada. Nous pensons que celle-ci poursuivra son cycle de relèvement progressif des taux jusqu’en 2020, en imprimant au total trois tours de vis en 2018, deux en 2019 et un en 2020. Ces augmentations feront écho aux hausses de taux orchestrées aux États-Unis et par les banques centrales de bon nombre d’autres pays développés qui poursuivent également la normalisation de leur politique monétaire.

Deux risques menacent ce scénario prudemment optimiste pour la croissance canadienne. Premièrement, bien qu’à nos yeux l’abrogation de l’ALENA ne ferait pas nettement dérailler la croissance, nous sommes plus préoccupés par les droits de douane dans le secteur automobile. En effet, si de tels droits étaient imposés, l’activité économique réelle en souffrirait et les investissements des entreprises ralentiraient probablement, ce qui inciterait la banque à relever ses taux plus lentement, voire à ne pas les relever du tout. Deuxièmement, si l’activité immobilière ne poursuit pas sa stabilisation et commence à affecter l’économie réelle (autrement dit, les emplois et les investissements), la croissance économique pourrait afficher un ralentissement plus marqué que prévu. Rien ne prouve encore que le phénomène se produise; il faudra plusieurs mois de données pour le confirmer entièrement.

Gains et pertes d’emplois au Canada, par secteur, de juin 2017 à juin 2018

Gains et pertes d’emplois au Canada, par secteur, de juin 2017 à juin 2018
Source : Statistique Canada et Gestion d’actifs Manuvie, juin 2018.

Revue et perspectives du marché immobilier au deuxième trimestre11

Marché de l’investissement

Le marché immobilier commercial canadien est resté dynamique jusqu’ici en 2018. La combinaison du volume des investissements au premier trimestre (10,3 G$ CA) et de l’activité du deuxième trimestre — qui a été stimulée par la conclusion de plusieurs grandes opérations de fusion et d’acquisition dans le secteur des fiducies de placements immobiliers — laisse espérer un volume d’opérations supérieur au niveau record atteint en 2017. Les vendeurs continuent à proposer les biens de base à des prix élevés et la demande à l’égard des biens immobiliers offrant un bon rendement reste ferme dans toutes les catégories d’actif et dans toutes les régions. Le taux de capitalisation national moyen, inchangé par rapport au premier trimestre de l’année, s’établissait à 5,67 % à la fin du deuxième trimestre de 2018. Bien que l’écart entre les taux obligataires et les taux de capitalisation se soit légèrement resserré depuis le début de 2016, le niveau actuel de 350 points de base (pb) ne semble pas décourager les acheteurs actifs. Les données laissant augurer une haute vélocité des opérations, il sera important de voir si les propos récents des États-Unis sur le plan commercial et l’incertitude entourant les décisions que prendra la Banque du Canada inciteront les intervenants sur le marché à adopter une attitude plus prudente et plus passive au cours des prochaines périodes, en attendant que l’économie se soit ajustée à la situation.

Écart entre le taux de capitalisation et le taux obligataire, T2 2018

Écart entre le taux de capitalisation et le taux obligataire, T2 2018
Source : Banque du Canada, CBRE Recherche, T2 2018.

Marché des immeubles de bureaux

Le taux national d’inoccupation des bureaux a augmenté de 20 pb sur trois mois, en passant de 12,5 % à 12,7 %. Malgré cette légère hausse trimestrielle, le marché national des immeubles de bureaux est resté sain et a affiché une contraction de 40 pb sur 12 mois.

À l’échelle des bureaux du centre-ville, le taux national d’inoccupation est resté inchangé à 10,7 % et a enregistré un recul trimestriel sur trois grands marchés, à commencer par celui d’Edmonton, où il a diminué de 120 pb. Ce quatrième trimestre consécutif de recul du taux d’inoccupation à Edmonton confirme la reprise du marché.

De même, grâce au raffermissement de la demande des locataires et à la confiance solide des intervenants sur le marché, le volume national des projets de promotion immobilière a augmenté de 17,9 % sur 12 mois, pour atteindre 11,7 millions de pieds carrés (pi2), soit 2,5 % du stock total. La majeure partie de l’activité reste concentrée à Toronto, Vancouver et Montréal, qui représentent 75,0 % des projets de construction actuels. À Toronto, sur les 5,1 millions de pieds carrés en construction, plus de 80,0 % d'entre eux sont situés au centreville. Ce taux de concentration au centre-ville n’avait pas été aussi élevé depuis le deuxième trimestre de 2013, époque à laquelle le taux d’inoccupation au centre-ville était de l’ordre de 5,0 %, un niveau alors exceptionnellement bas.

Bureaux en construction et taux d’inoccupation par marché, T2 2018

Bureaux en construction et taux d’inoccupation par marché, T2 2018
Sources : Banque du Canada et CBRE Recherche, T2 2018. M pi2 fait référence aux millions de pieds carrés.

Marché des bâtiments industriels

Le deuxième trimestre de 2018 a marqué le huitième trimestre consécutif de compression du taux de disponibilité des bâtiments industriels à l’échelle nationale, qui a chuté sous la barre des 4,0 % pour la première fois en s’établissant à 3,9 %. Le marché reste soutenu par des fondamentaux exceptionnels, les villes de Toronto, Montréal et Winnipeg enregistrant chacune des taux de disponibilité plus bas que jamais tandis que ce taux a atteint un nouveau plus bas niveau sur 10 ans à Ottawa. Dans l’ensemble, huit des dix marchés ont vu reculer leur taux de disponibilité au cours du trimestre, alors que Vancouver et Calgary ont enregistré de timides hausses de 20 pb ou moins.

La demande reste supérieure à l’offre, comme en témoigne l’absorption nette de 6,6 millions de pieds carrés au cours du trimestre, qui correspond presque aux nouveaux 6,9 millions de pieds carrés mis sur le marché depuis le début de 2018. À l’issue de deux ans de déséquilibre entre l’offre et la demande, le volume des projets de promotion immobilière a commencé à gonfler et a augmenté de 6,2 millions de pieds carrés sur trois mois pour s’établir à 19,4 millions de pieds carrés; l’activité de construction n’avait pas été aussi intense depuis les 23,3 millions de pieds carrés enregistrés au troisième trimestre de 2015. Dans le contexte du resserrement continu du marché, le loyer net a augmenté sur 12 mois sur huit marchés, ce qui a fait grimper le taux national de 6,3 %, au plus haut loyer net moyen demandé jamais enregistré, soit 7,21 $ CA le pied carré.

Taux de disponibilité des bâtiments industriels, 10 ans au T2 2018 (%)

Taux de disponibilité des bâtiments industriels, 10 ans au T2 2018 (%)
* Plancher record.
Source : CBRE Recherche, T2 2018.

Marché des immeubles de magasins

Les ventes au détail ont démarré lentement cette année au Canada. En avril 2018, les ventes au détail totales enregistrées depuis le début de l’année n’affichaient qu’une augmentation de 2,9 % par rapport à la même période de l’année précédente; ce taux de croissance reste toutefois légèrement supérieur au taux annuel de 2,3 % prévu par le Conference Board of Canada pour 2018. Il s’inscrit dans le sillage de la croissance record des ventes annuelles en 2017, qui s’est chiffrée à 7,1 % pour l’ensemble des ventes au détail, soit à son niveau le plus élevé en deux décennies. Parmi les ventes au détail de base, les catégories des produits de détail divers, des meubles et appareils électroniques, et des marchandises diverses occupaient la tête du palmarès en avril 2018, avec un taux de croissance dépassant 5,0 % dans chaque cas. Les résultats ont été modérés par les fluctuations de la confiance des consommateurs en 2018, qui a diminué au cours de trois des six derniers mois et est tombée tout récemment à 120,8 en juin dans ce climat d’incertitude mondiale. D’autres soucis, comme la montée des taux d’intérêt et de l’inflation, ont pesé sur la confiance inspirée par la situation financière des ménages au Canada sur fond de modération des gains sur le marché du travail. Le Conference Board of Canada s’attend à ce que la confiance fléchisse davantage en cas de guerre commerciale avec les États-Unis.

Croissance des ventes au détail de base, par catégorie, depuis le début de l’année, en avril 2018

Croissance des ventes au détail de base, par catégorie, depuis le début de l’année, en avril 2018
Sources : Statistique Canada et CBRE Recherche, T2 2018.

Marché des immeubles à logements multiples

Soutenu par la croissance vigoureuse de la population, par l’insuffisance des nouvelles offres et par la hausse des coûts afférents à la propriété, le segment des immeubles à logements multiples a visiblement poursuivi son avancée au premier semestre de 2018. Les coûts afférents à la propriété ont peut-être été le facteur le plus favorable à la confiance du marché à l’égard des immeubles à logements multiples au cours des 12 derniers mois, au cours desquels les prix des logements ont poursuivi leur expansion. Le prix moyen des logements au Canada a augmenté de 1,0 % sur 12 mois et s’établissait à 637 500 $ CA en mai 2018. Dans ce contexte, le prix moyen des logements a dépassé 1 000 000 $ CA et 770 000 $ CA à Vancouver et à Toronto, respectivement, à l’issue de trois années de forte croissance, ce qui a creusé l’écart entre les coûts associés à la propriété et ceux associés à la location. L’acquisition d’actifs à logements multiples a ainsi suscité un intérêt marqué au cours des 12 derniers mois. La demande vigoureuse étayée par des capitaux institutionnels a fait baisser les taux de capitalisation à des niveaux records sur la quasi-totalité des marchés au deuxième trimestre de 2018. L’augmentation de la demande des investisseurs malgré les deux hausses de taux d’intérêt potentielles du deuxième semestre traduit la confiance du marché à l’égard des perspectives du segment des immeubles à logements multiples.

Prix moyen des logements, mai 2018

Prix moyen des logements, mai 2018
Source : Association canadienne de l’immeuble, mai 2018.
1 Design Council, avril 2005.
2 « A future that works: automation, employment, and productivity », mckinsey.com, janvier 2017.
3 « Workplace productivity and office type: An evaluation of office occupier differences based on age and gender », Journal of Corporate Real Estate, 2017.
4 « It’s time for a workplace intervention | Commercial real estate and office space », deloitte.com, octobre 2016.
5 CoStar, en date de juin 2018.
6 Cresa, octobre 2017.
7 Bloomberg, au 6 juillet 2018.
8 « Rapport sur la politique monétaire », Banque du Canada, 18 avril 2018.
9 Statistique Canada, avril 2018.
10 Banque du Canada, 29 juin 2018.
11 CBRE Recherche, T2 2018.
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Les opinions exprimées sont celles de Gestion d'actifs Manuvie au moment de leur publication et pourraient changer en fonction de la conjoncture du marché et d'autres conditions. Les renseignements présentés dans le présent article, y compris les énoncés concernant les tendances des marchés des capitaux, sont fondés sur la conjoncture des marchés qui changera au fil du temps. Ces renseignements peuvent changer à la suite d'événements ultérieurs touchant les marchés ou pour d'autres motifs. Gestion d'actifs Manuvie n'est nullement tenue de mettre à jour ces renseignements. Tous les aperçus et commentaires sont de nature générale et ponctuelle. Quoiqu'utiles, ces aperçus ne remplacent pas les conseils d'un spécialiste en fiscalité, en placement ou en droit. Il est recommandé aux clients de consulter un spécialiste qui se penchera sur leur situation personnelle. Ni la Financière Manuvie, ni Gestion d'actifs Manuvie, ni aucune de leurs sociétés affiliées et aucun de leurs représentants ne fournissent de conseils dans le domaine de la fiscalité, des placements ou du droit. Les rendements passés ne garantissent pas les résultats futurs. Le présent document a été préparé à titre informatif seulement et ne constitue ni une offre ni une invitation à quiconque, de la part de Gestion d'actifs Manuvie, à acheter ou à vendre un titre, non plus qu'il n'indique une intention de réaliser une opération dans un fonds ou un compte géré par Gestion d'actifs Manuvie.

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