Les perspectives semblent prometteuses en 2019 au chapitre des titres de créance des sociétés canadiennes

Titres à revenu fixe | 29 janvier 2019

Terry Carr, Head of Canadian Fixed Income

Le dernier trimestre de 2018 n’a pas été de tout repos pour les titres de créance des sociétés canadiennes, mais selon Terry Carr, CFA, notre chef des placements pour les titres à revenu fixe canadiens, le sort de cette catégorie d’actif pourrait bientôt s’améliorer lorsque les éléments favorables à son renouveau s’emboîteront. À cet égard, l’industrie pétrolière et gazière dénigrée mérite notamment l’attention des investisseurs.

Points à retenir

  • La frilosité affichée des investisseurs semble dans une certaine mesure être une réaction exagérée qui pourrait se révéler bénéfique pour certains secteurs du marché des titres à revenu fixe canadiens.
  • Selon le scénario que nous jugeons le plus probable, qui est plus modéré que la plupart, la Banque du Canada ne relèvera les taux d’intérêt qu’à une reprise en 2019, la probabilité d’une deuxième hausse ayant considérablement diminué depuis environ un mois. Nous ne considérons toutefois pas que ces hausses de taux représentent de grandes menaces à l’échelle macro-économique.
  • Les obligations de sociétés canadiennes semblent actuellement plutôt sous-évaluées à la lumière des solides fondamentaux économiques du Canada et le secteur de l’énergie pourrait offrir des occasions attrayantes en 2019.

Une réduction du goût du risque pourrait favoriser les actifs à revenu fixe

À l’issue d’un quatrième trimestre difficile, les marchés boursiers mondiaux semblent s’être stabilisés au début de l’année 2019 – au moins pour le moment. Les préoccupations croissantes suscitées par la guerre commerciale sino-américaine, les erreurs stratégiques potentielles des banques centrales mondiales et l’assombrissement des perspectives économiques des pays développés d’Europe et d’Asie ont soulevé une vague de volatilité accrue. Les investisseurs semblent retrouver leur sang-froid, mais il est difficile de savoir s’ils continueront à reprendre le goût du risque.

La combinaison de ces facteurs rend souvent les conditions difficiles pour les actions et les actifs risqués, alors qu’un cadre marqué par une faible tolérance au risque peut-être favorable aux placements à revenu fixe. À nos yeux, les fondamentaux économiques restent relativement sains au Canada et aux États-Unis, et nous jugeons improbable qu’une récession survienne d’un côté ou de l’autre de la frontière à court terme. Les investisseurs soucieux d’atténuer leurs risques sans retirer purement et simplement leurs actifs du marché pourraient se tourner de plus en plus vers les marchés des titres à revenu fixe en général, et en particulier vers les obligations de sociétés. Toute augmentation de la demande serait de bon augure pour les porteurs d’obligations actuels, notamment dans le contexte de la hausse récente des taux d’intérêt et de l’élargissement des écarts de taux sur les titres de sociétés.

La Banque du Canada ne relèvera probablement les taux qu’à une reprise en 2019

La croissance a certes ralenti au Canada et la faiblesse de certains indicateurs est à surveiller — notamment au chapitre du logement et de l’endettement des consommateurs —, mais nous avons peu de raisons de penser qu’une récession nous attend au tournant.

Il n’en demeure pas moins que la correction subie par les marchés boursiers à la fin de l’année dernière a montré à quel point les investisseurs sont devenus méfiants. La Banque du Canada n’est pas assujettie à des obligations aussi rigoureuses que la Réserve fédérale américaine quant à ses prévisions et elle peut plus facilement interrompre sa politique de resserrement en cas d’intensification de la volatilité. Elle a donc maintenu les taux d’intérêt à 1,75 % lors de sa dernière réunion du 9 janvier. Il nous semble probable qu’elle relèvera les taux au printemps cette année, mais nous nous attendons ensuite à ce qu’elle maintienne le statu quo en 2019 de sorte que le taux directeur s’établirait à 2,0 % à la fin de l’année.

Taux directeur au Canada

Taux directeur au Canada
Source : Banque du Canada, au 22 janvier 2019.

La question à 64 000 $ est la suivante : l’économie canadienne peut-elle résister à deux hausses de taux cette année si la Banque du Canada choisit cette option? À notre avis, la réponse est « oui » – mais deux tours de vis pourraient pousser l’économie canadienne sur un terrain dangereux. Juste au-dessus de la barre des 2,0 %, le taux directeur resterait bas selon les normes historiques, alors que les données fondamentales générales de l’économie canadienne sont plus solides qu’elles ne l’ont été au cours de la majeure partie de la dernière décennie; cependant, certains risques perdurent et la Banque du Canada y sera attentive.

Les obligations de sociétés canadiennes présentent de meilleurs profils que leurs pendantes mondiales

Sur le marché, nous surveillons de près le segment des obligations de sociétés canadiennes. En dépit des difficultés qu’il a connues récemment, nous le jugeons capable de se distinguer. En règle générale, les obligations de sociétés canadiennes présentent de meilleurs profils de solvabilité que leurs pendantes mondiales, ce qui nous porte à croire que les « anges déchus » (titres de créance de la catégorie investissement notés BBB déchus au rang d’obligations de pacotille) seront rares au Canada.

Cela dit, le marché des obligations de sociétés canadiennes ne serait pas totalement à l’abri si une vague de déclassements déferlait aux États-Unis et obligeait les stratégies en titres de la catégorie investissement à vendre des placements, en déclenchant une correction du marché élargi. Le marché canadien des titres de créance de sociétés est moins liquide qu’aux États-Unis et, par conséquent, il risque plus de subir des chocs de liquidité en période de difficultés. La question doit assurément être surveillée de près, mais nous pensons que toute évolution au sein du segment BBB du marché se produira tranquillement, sur une période prolongée, plutôt que violemment, d’un seul coup.

Des occasions pourraient émerger dans le secteur de l’énergie au Canada

Les investisseurs ont beau avoir boudé l’industrie pétrolière et gazière du pays ces dernières années, nous pensons que des occasions intéressantes ont émergé.

L’incapacité du Canada à transporter rentablement ses produits énergétiques vers les marchés mondiaux est notoire. Qui plus est, les efforts de construction du pipeline qui permettrait de résoudre le problème ont constamment été minés par les différends politiques opposant les gouvernements provinciaux et les organismes voués à la protection de l’environnement. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles le pétrole brut produit au Canada se négocie souvent moins cher que l’énergie produite ailleurs.1

Selon nous, la dislocation entre les fondamentaux du secteur et des entreprises et la confiance qui règne sur le marché pourrait être excessive. Les commentaires formulés par de hauts dirigeants du secteur et les données ressortant des états financiers publiés soutiennent généralement ce point de vue. Surveillant de près l’évolution du secteur, nous pensons que des occasions commencent à émerger et que le phénomène s’intensifiera au cours des prochains mois.

Conclusion

La conjoncture macro-économique mondiale est assurément éprouvante, mais sauf en cas de rupture totale des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine, peu d’éléments portent à croire que nous sommes au bord du précipice. La prudence est naturellement de mise. Étant des gestionnaires chevronnés, nous avons également la responsabilité de passer au travers du brouillard géopolitique et de démontrer la valeur que peut offrir une gestion active lorsque les temps sont difficiles. Comment on s’en rend souvent compte a posteriori, la volatilité et l’excès de pessimisme peuvent créer de bonnes occasions.

1 Le Western Canadian Select est le principal indicateur de référence du pétrole produit au Canada, alors que les producteurs d’énergie mondiaux utilisent principalement le WTI (West Texas Intermediate) comme référence.
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Les turbulences mondiales ont déjà provoqué de la volatilité anormalement élevée sur les marchés des capitaux, au pays et à l’étranger, et pourraient continuer de le faire.
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Au sujet de l’auteur

2015 Apr Carr Terry Terry Carr

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